Histoire du motif Liberty

Nos Faire part naissance ont une histoire, celle du Liberty. Car vous vous êtes sûrement demandé d'où venait ce motif et pourquoi il s'appelle Liberty... Si vous avez sans doute deviné qu'il a bien des origines britanniques ce nom de Liberty vous a sans doute semblé évident : ce nom provient fatalement du mot Liberté en langue anglaise... et pourtant !

Tout a commencé à l'aube du vingtième siècle quand un apprenti drapier répondant au nom d'Arthur Lasenby Liberty (1843-1817) donne naissance au désormais célèbre imprimé Liberty.

Voici déjà un élément de réponse : le Liberty porte le nom de son inventeur et, bien sûr, tout cela se passait au Royaume-Uni.

Arthur Lasenby Liberty n'est pas un « simple » drapier, c'est un véritable globe-trotteur, amoureux des soieries chinoises, des imprimés indiens, des couleurs des tissus de l'Asie. Il ouvre un magasin de tissus en 1875 à Londres, sur Regent Street, grâce à un prêt de 2 000 livres sterling de l apart de son futur beau-père. Vous pouvez d'ailleurs aller le visiter à l'occasion de l'une de vos prochaines visites à Londres car il existe toujours aux numéros 214-220. La facade Tudor, sui date de 1924 est l'oeuvre des frères Edwin et Stanley Hall. Pour la petite histoire, sachez qu'elle est construite en teck et en chêne provenant des deux dernières goélettes de la Royal Navy ! Arthur Lasenby Liberty baptise son magasin à son nom : « Liberty of London ». Un nom bien sûr qui est aussi un clin d'oeil car le drapier ne vend pas que des tissus dans son magasin, bien loin de là ! Il y vend toutes sortes de marchandises venues d'Extrême Orient : fines porcelaines chinoises, somptueux tissus indiens, merveilleux éventails japonais... C'est d'ailleurs pour cela que le magasin avait été baprisé "Emporium" car les marchandises provenaient de l'Empiure britannique. Arthur Lasenby Liberty est non seulement un drapier globe-trotter, c'est également un homme d'affaires avisé qui a senti « l'air du temps ». Cette fin du dix neuvième siècle est celui de l'Orient. Des écrivains britanniques et français, tel Pierre Loti, décrivent ces nouveaux horizons, fascinant toute une Europe éprise d'exotisme. L'Asie s'ouvre à l'Europe malgré elle, sous la contrainte des canonnières. Cette Europe conquérante met à profit son avance technologique pour s'emparer, enfin, des richesses dont elle rêvait depuis l'Empire Romain.

Mais revenons au magasin d'Arthur Lasenby Liberty sur Regent Street. Dès son ouverture, le succès est colossal.

Sous la direction d'Edward William Godwin (1833-1886) ce succès se démultiplie. Car Edward William Godwin n'est pas le premier venu, cet architecte est également un créateur, il est une grande figure de l'Esthétisme et il est très marqué par le fameux courant Art & Crafts. Le magasin acquiert une renommée qui va au-delà de loa Grande Bretagne quand est créé son département de vêtements.

Une décennie passe et, en 1884, fort de son succès, Arthur Lasenby Liberty crée un tissus délicat, de coton fin (rappelez-vous, il est drapier), si fin qu'on croirait qu'il s'agit de la soie. D'ailleurs il laisse apparent le motif de son impression, tant à l'endroit qu'à son avers. Et cet imprimé fait également partie de son attrait : subtil, discret, jamais criard, avec parfois une pointe de naïveté. Ces fabuleux motifs, nés d'une alliance extrêmement raffinée de douze à dix-huit couleurs se fondent littéralement les uns dans les autres.

Le Liberty est bien né et il est né sous la forme d'un tissu imprimé et son nom, éponyme à celui de son inventeur est celui d'une marque de tissu anglaise.

Parler de « Liberty » pour des motifs imprimés sur des faire part de naissance est donc un abus de langage. Nous employons en effet ce mot « Liberty » non pas pour décrire un modèle commercial de tissu imprimé mais pour décrire un type de motif, un type d'imprimé fleuri.

Un imprimé fleuri qui est tout d'abord resté dans le domaine du tissu, sur toutes les matières, coton, laine, crépon, mousseline et j'en passe.

En 1900 une succursale de « Liberty of London » s'installe à Paris et fait adopter ses motifs par les grands noms de la mode parisienne, tel Paul Poiret. Dans les années soixante c'est Yves Saint Laurent qui s'en empare.

Mais c'est Cacharel, marque créée en 1962 par jean Bousquet, qui a amené le « Liberty » au grand public. A la fin des années soixante c'est Cacharel qui démocratise le Liberty au travers d'un chemisier à fleurs qui va devenir iconique.

Depuis quelques années les tendances de l'été font la part belle au romantisme juvénile du motif Liberty avec des créations de Balenciaga, Isabel Marant ou Marc Jacobs. Même les chaussures Clarks adoptent ce délicieux motif fleuri pour ses Desert Boots.

Le Liberty est alors décliné en baby shoes (Bensimon), en besace, en déco (coussins, rideaux, lampes...) et bien sûr en faire part de naissance !