Histoire du faire-part de naissance

A l'origine le faire part de naissance était uniquement utilisé dans le cadre des naissances liées à la royauté. Ce n'est qu'en 1781 que l’aristocrate Gauthier de la Peyronie étendit le procédé en l’utilisant la première fois pour signaler à son entourage la naissance de son fils. C'est ainsi qu'il lança une mode, celle du faire part de naissance. Gauthier de la Peyronie était correcteur à l'Imprimerie Nationale, il étaint donc proche de l'imprimerie, ce qui explique sans doute la raison de son "invention" du faire part de naissance. L’aristocratie française y vit sans doite là une opportunité d’innover dans l’art d’annoncer et de partager cet heureux évènement qu'est la naissance d'un enfant. A cette époque, seul le sexe de l'enfant étaient imprimés sur le faire part de naissance. En effet, à cette période, les noms étaient choisis à huis-clos et n’étaient divulgués que le jour du baptême par les parrains et marraines. En effet, au-delà d'un contexte religieux bien plus prégnant que de nos jours, les taux de mortalité infantiles étaient très elevés et, sans doute pour ne pas trop s'attacher à un nouveau né dont la vie ne tenait qu'à un fil, on ne le lui donnait un prénom que tardivement, quand son espérance s'accroissait au fil des jours puis des mois.

A noter qu'au XVIIIème sicèle, que ce soit en France ou en Angleterre, l'aristocratie utilise également le faire-part pour inviter à leurs activités, telles des fêtes, anniversaires ou tout simplement des chasses. Ces faire-part étaient remis en main propre.

Aux temps Victoriens, quand le bébé était suffisamment fort et que la mère se trouvait en bonne forme physique, venait le temps du "Jour de la Présentation". Un panier était décoré de rubans et de noeuds et était disposé dans le salon de la maison. C'était là qu'était "exposé" le nouveau né. Et c'est uniquement sur invitation que les voisins et les amis étaient conviés à venir voir le nouveau né et sa mère. Les invitations étaient des cartons très sobres et sans fioritures signalant la disponibilité de la mère et de son bébé à recevoir des visites. Etait accroché à ce carton ou carte, par un ruban bleu ou rose (selon le genre du bébé), le véritable faire part de naissance. Au centre de ce faire part de naissance se trouvait imprimé le prénom de l'enfant et, en bas à gauche du faire-part la date de naissance. La présentation d'un nouveau bébé était clairement un événement qui ne concernait que les dames. Il était ressenti comme totalement inaproprié qu'un gentleman vienne visiter la mère et l'enfant aussi tôt. De nombreux mois allaient se passer avant que la mère et l'enfant soient visibles par tout un chacun.

Avec la diffusion de l'imprimerie et donc la baisse des coûts de l'impression, la diffusion des faire-part de naissance s'étendit bien au-delà des voisins et amis proches. Puis la démocration du faire part de naissance se poursuivit et de plus en plus de couples purent utiliser des modèles pré-imprimés sur lesquels il n'urent qu'à ajouter à la main le prénom de l'enfant, sa date de naissance ainsi que leurs noms et adresses.

Il y a encore une quantantaine d'années, un faire part de naissance du type "M. et Mme X., ses parents, sont heureux de vous annoncer la naissance de Mathilde, 2kg 250, le 24 décembre à Toulouse" était de mise. Ces quelques lignes, un peu sèches et purement informatives étaient imprimées sur un petit carton bleu ou rose, selon le sexe du bébé. Ce faire part de naissance, confié à La Poste, informait l'entourage de l'heureuse nouvelle de la naissance de la petite Mathilde. Ces quelques mots, portés sur le faire part de naissance, annonçaient sans fioritures le venue au monde du petit être, monsieur ou mademoiselle bébé, et l'accès de l'auteur de ses jours au statut de parents.

Si une faire part de naissance sans mise en scène existe toujours - et sa sobriété le rend paradoxalement presque original - les faire part de naissance actuels rivalisent de créativité. Notamment grâce aux capacités de personnalisation données à tout un chacun par l'Internet.